juin
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J’ai assisté le mois dernier à la journée Solutions Bancaires proposée par Unicore à Genève. Deux conférences qui ont traité plus particulièrement de l’informatique dans les banques ont retenu mon attention. Je vous livre ici un résumé personnel des idées fortes.
La première était une présentation par trois responsables informatique (Boris Effront – UBP, Jean-Marc Joris – BCGE, Peter Wintsch – Pictet & Cie) de l’état de leur système d’information et de leur stratégie informatique. On a ainsi pu voir que ces banques avaient des stratégies très différentes. La BCGE se concentre fortement sur son progiciel Finnova et emploie seulement 16 informaticiens (impliqués principalement dans la sécurité et comme chefs de projet) pour près de 900 employés. Malgré la très pénible et mainte fois retardée mise en oeuvre d’Avaloq pour une partie de ses besoins, le département informatique de Pictet au contraire compte environ 460 personnes (330 internes et 130 externes), soit près de 15% des effectifs du groupe. L’architecture est ici conçue par silos, chaque ligne de métier étant libre d’évoluer de manière indépendante. Les intervenants ont fait remarquer que la stratégie informatique est fortement influencée par la culture de l’entreprise.
Dans ce choix entre achat et développement (Buy or Build), Peter Wintsch a clairement défini les critères utilisés par sa banque:
* Capacité de différentiation
* Régulation du domaine
* Clarté des besoins
* Rythme d’évolution
Il a aussi été signalé à cette occasion que les récents rachats dans le secteur informatique (Sun par Oracle ou Sybase par SAP) ont comme première conséquence une augmentation du prix des licences des produits acquis.
Le deuxième exposé intéressant pour un informaticien était celui du directeur général de la Banque Migros, Harald Nedwed. Celui-ci a livré avec franchise des informations précises et des opinions pleines de bon sens sur l’évolution de la banque en Suisse. Sa banque vient de migrer son système d’information, de IBIS de RTC vers Finnova. Celle-ci a coûté plus de 100 millions de francs, occupant 300 personnes pendant deux ans et étant validée par 53100 cas de tests qui ont été exécutés au moins cinq fois. Des chiffres importants, mais il s’attend à ce que le retour sur investissement soit atteint en moins de cinq ans avec les économies de fonctionnement. C’est sans doute le même raisonnement qui avait motivé le départ vers Finnova des banques cantonales de Neuchâtel, Genève et du Valais de la plate-forme Osiris d’Unicible conçue pour une banque de taille plus importante, la BCV, comme c’est le cas du RTC qui est l’émanation de la Banque Cantonale Bernoise. Le point le plus intéressant de cet exposé concernait une étude prospective menée par Accenture sur l’état de l’industrie bancaire en Suisse en 2015. Le conférencier a remarqué qu’il y avait aujourd’hui en Suisse 57% de banques en moins qu’en 1998 et il pense que cette consolidation va continuer. Que ce soit dans la banque de détail ou la banque privée, les participants à l’étude devaient citer les facteurs qui allaient les différencier de leurs concurrents. L’informatique n’apparaissait pas dans ces facteurs. Il nous a néanmoins présenté les chiffres de la Banque Migros qui montrent le transfert des opérations depuis les guichets vers Internet. Ainsi, 90% des demandes de prêts personnels se font aujourd’hui sur le Web. Il pense ainsi que la technologie peut être un support principal de la différentiation. C’est grâce à l’intégration de la chaîne de traitement qu’il estime que sa banque peut offrir des crédits à la consommation à un taux inférieur à ses concurrents. Il semble cependant que les informaticiens ont de la peine à se faire reconnaître comme un outil de différentiation par les directions opérationnelles des banques.