août
19
La Suisse est un pays fameux pour son chocolat, ses montres… et ses banques. J’ai donc participé en mai à une conférence sur l’informatique bancaire. Le directeur informatique d’une très grande banque privée a révélé que 15% des employés de sa banque travaillaient dans le département informatique. Ils les décrivaient comme les « mécaniciens » qui permettaient aux banquiers de travailler. Et j’ai trouvé ça plutôt bien. Il y a eu ensuite la présentation du directeur général d’une banque de détail qui a parlé des résultats d’une enquête auprès des directions des banques suisses. Une des questions demandait ce qui permettrait à leur banque de se distinguer de la concurrence. Aucun des participants n’a mentionné l’informatique. Et j’ai trouvé que ce n’était pas bien. Il était aussi surpris de ces réponses, mentionnant que 90% des prêts à la consommation de sa banque étaient maintenant conclus à partir de son site Internet.
Je me suis ainsi demandé si les développeurs informatiques valaient plus aux yeux de leurs directions que les comptables? Somme-nous juste quelque chose qu’il faut avoir mais qui ne contribue pas à la performance de l’organisation? Vous pouvez bien sûr travailler dans une société de type Faceboogle où le logiciel est le produit (ou une grande partie). Vous pourriez aussi travailler dans société de type Enron où les comptables sont très importants ;o) Dans de nombreuses sociétés, l’informatique est une part importante de l’infrastructure : gestion de la production, de la relation client ou gestion du fonctionnement de produits comme un moteur de voiture. L’informatique est cependant souvent séparée de l’activité opérationnelle. Le développement informatique est considéré une fonction de support comme la comptabilité. La comparaison n’est pas si incongrue, car les comptables appartiennent aussi en majorité à la catégorie des introvertis, comme les développeurs. Et les comptables peuvent aussi fournir de l’information qui peut modifier l’activité de l’entreprise, en découvrant par exemple quels produits ou clients sont vraiment profitables.
Dans un livre de Watts Humphrey, il cite Dick Garwin qui a dit « Vous pouvez obtenir de la reconnaissance pour quelque chose ou réaliser quelque chose, mais pas les deux. » Les développeurs appartiennent plus à la catégorie des réalisateurs. Malgré tous les problèmes qui impactent nos projets, nous livrons des solutions qui permettent aux organisations de travailler mieux, mais sans recevoir la reconnaissance méritée. Certains peuvent être contents de notre manque de visibilité, mais il ne faut alors pas se plaindre d’être considérés que comme facteur de coûts qu’il faut minimiser et pas comme des éléments qui peuvent augmenter la performance de l’entreprise. Pour atteindre cet objectif, il est important que les développeurs se rapprochent des utilisateurs et améliorent leurs connaissances du métier. Les utilisateurs ne veulent pas des applications Ruby on Rails ou Ajax, ils veulent des solutions à leurs problèmes. Si vous voulez plus de considération de la part de la direction, il faut rendre plus visible notre impact positif au sein des organisations. Après tout, même certains comptables y ont réussi.
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Bonjour
Petit commentaire pour souligner que les comptables ne sont pas tous introvertis (:->), enfin j’espère. Je ne le suis pas moi même mais le mien n’est pas tristounet!
Par contre, je connais bien les grandes organisations et la liste des métiers perçus comme ‘secondaire’ est longue comme le bras : RH, contrôleur de gestion, formation,AQ etc.L’exemple le plus symptomatique sont les payeurs. Quand tout va bien, c’est normal, à la moindre erreur sur une feuille de paie, c’est leur faute.
Donc aujourd’hui, 80% à 90% des collabo-rateurs ne sont que des petits rouages, pour ne pas dire plus.
La reconnaissance n’est pas le problème du dirigeant de l’entreprise (en tous cas en premier niveau) mais celui de votre manager je crois.
Pour les développeurs, la solution est de passer chef de projet effectivement : métier à forte reconnaissance – quand le projet fonctionne bien…Soit dans 3 cas sur 10 en moyenne.C’est donc sensiblement plus risqué !